Mircea Braga En quête de sens : “Notre réalité ressemble de plus en plus à la fiction” | Culture

Mircea Braga En quête de sens : “Notre réalité ressemble de plus en plus à la fiction”

En 2021, le livre de Mircea Braga est paru dans la maison d’édition européenne Ideea, En quête de sens. Rassembler articles et études, dans la cohérence qu’il apporte sens qu’il identifie dans les écrits des contemporains et au-delà, le professeur Braga donne au conférencier les indices nécessaires sur l’état de la littérature aujourd’hui. Deux parties du volume Destin et sens dans la littérature et De l’imago mundi au mundus imaginalis contiennent, comme les écrits de Mircea Braga en ont l’habitude, des concepts clarifiés, dans un discours et une doc essentialisés. Outre les analyses qu’il mène de manière exhaustive, abordant le sujet principalement sous l’angle de la philosophie de la culture, le mérite essentiel de ce livre est qu’il tente (et celui qui le lit patiemment obtient des réponses) de poser des questions, de mettre en discussion la réalité que nous ressentons et vivons aujourd’hui, dit l’auteur, comme une fiction : “nous n’avons pas encore récupéré tous les écrits des auteurs exilés pendant la période communiste, ni ceux mémorisés dans les prisons, ni ceux de la diaspora actuelle, au contraire nous avons “légitimée”, usant, du “jugement” de la création par éclipses dans la biographie. Et qui préparera “l’homme cultivé” ? La famille changera de statut et de vocabulaire ; on renonce à l’histoire parce qu’elle ne nous a jamais rien appris de toute façon ; on peut se passer de l’église ; l’école ne nous apprend pas à lire des livres, seulement des pages ; et notre réalité ressemble de plus en plus à de la fiction”. Des questions que le lecteur lui-même intériorise, trouvent des réponses partielles dans les chapitres suivants.

Le champ littéraire auquel Mircea Braga fait référence ne se limite pas à la région roumaine (Emil Isac, Ion Horea, Marcel Mureșanu, Mircea Zaciu, Diana Câmpan, Constantin Cubleșan, Mircea Anghelescu, Cristina Maria Vănoagă, Ana Olos, Gabriel Chifu), car je trouver des ouvertures vers de nouveaux concepts comme le multilinguisme et la littérature mondiale, à travers des analyses comme celle sur les théories de Pascale Casanova. Son livre, publié en 2015 La Langue Mondiale. Traduction et domination sert au chercheur à montrer comment la mondialisation devient un “projet de civilisation”, ainsi que le fonctionnement de termes clés tels que nationalisme, internationalisme, conservatisme, révolutionnisme, pluriculturalisme ou centres de pouvoir. Deux questions rhétoriques que se pose Mircea Brago et qui méritent un moment de réflexion sont aussi des manifestes d’un monde en mutation permanente : « En supprimant la diversité, condition naturelle non prescriptive de l’universalité, ne vise-t-on pas un projet d’artificialisation de l’être ? et, de même, du monde ?” Imaginons-nous l’humanité comme un tout unique, compact, avec des particularisations minimales et non pertinentes, des clones vaguement différents, déplacés artificiellement dans une réalité artificielle ? noyau critique qui donne naissance à la pensée, être un penseur, au sens donné par Nietzsche, l’un des philosophes favoris de Mircea Braga : “Celui qui se regarde comme un vaste univers et porte en lui la Voie lactée sait combien irréguliers tous ces chemins sont – ils mènent au chaos et à une existence labyrinthique”. (UN B)

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