Grenouille et champignon Slavena, ou comment le langage parle à travers nous

Comment comprendre que sur le territoire de la Roumanie et de la République de Moldavie d’aujourd’hui, des populations massives de Slaves qui parlaient différents dialectes ont non seulement traversé, en route vers le sud, vers les Balkans, mais sont restées assez longtemps pour laisser des traces contradictoires…

La toponymie et l’hydronymie de la Moldavie et de la Munténie, et même d’une partie de la Transylvanie, est massivement slave (du nom de la Moldavie elle-même, à Craiova et Dâmbovița et Bistrița et Cernavoda et tous les autres), mais on rencontre parfois des traces de différents dialectes slaves.

Ainsi, dans les Balkans, nous avons deux groupes massifs de langues et de dialectes, ceux qui ont un -v final et intervocalique et ceux qui ont un -hu correspondant dans la même position.

Le serbo-croate a -v tandis que le macédonien a -h. C’est ainsi que s’appelait la foire au Kosovo Suva Reka (Dry water, Dry river) est en albanais, anachronique : Souha Reka. L’albanais a paradoxalement conservé la prononciation d’un autre dialecte. Des cas similaires se retrouvent également en roumain, innombrables.

Ainsi, selon les langues et les dialectes, le pic sera nommé dans les Balkans etc ou alors Hautet haricots sérieuse ou alors petit pois… Dust (également emprunté en roumain) sera également poudre ou alors poudre.

Cependant, en roumain, nous avons gardé le nom parallèle poudrequi correspond au macédonien Elle a raisonmais un toponyme Prahova = “poussiéreux”, sa poudre venait d’un autre dialecte slave, où poudre = poudre.

De même, pour un jeune homme, je faisais attention au dialecte slave : tirer (dans la rivière tirerDiminutif slave pour quelque chose de jeune, en pleine croissance), mais d’un autre dialecte : moule – d’où: Moldavienouveau pays: tirer en ce qui concerne moule.

La linguistique comparée peut suggérer de nombreux indices, utiles non seulement pour nous, mais aussi pour les Slaves des Balkans, pour voir où ils sont allés et où ils ont vécu pendant un certain temps.

Gens et grenouilles…

Mais il n’y avait pas que des emprunts directs, mais aussi des calculs linguistiques et des traductions partielles ou approximatives. Au contact des Slaves du sud, les paysans roumains rencontrèrent des Bulgares et des Serbes avec un petit mécanisme piègenommés métaphoriquement d’après ceux-ci : « grenouille » (grenouille, jaba) ou «la grenouilleton” (žabka, âbka) en cours de route, la bouche du piège s’ouvre et se referme soudainement, comme une grenouille.

Cette image d’une mâchoire qui se ferme et s’ouvre est omniprésente chez les Slaves du sud, c’est pourquoi encore aujourd’hui les Bulgares l’appellent la boîte faite de gants, de canapés (ou de pistolets, dans les films) sur le tableau de bord d’une voiture. la grenouilletongant, Pomme.

A partir de l’image d’un piège qui se referme soudain comme une gueule de grenouille, žabka, ăbka, les Roumains ont fait une expression : décrocher le crochet. Prendre du coup, saisir en saisissant.

Mais quand ils ont appris à mettre une serrure sur la porte, quelque chose de mécanique, aussi un loquet, les Roumains l’ont traduit simplement : la grenouille.

C’est pourquoi nous avons une grenouille à la porte. Quelqu’un a vu il y a longtemps une serrure et un piège en žabkata bulgare ou en žabka serbe, a demandé comment cela s’appelait et on lui a dit. La grenouille!

Monastère sur une jambe : “champignon”

Il vaudrait la peine d’en dire un peu plus sur le phénomène tout à fait banal de la “métathèse”, où, dans un mot d’une certaine langue, ses syllabes ou sons individuels sont modifiés. C’était la même chose avec “champignon” (vient du slave du sud : champignon).

Le phénomène d’inversion des syllabes est également présent dans d’autres langues Coccodrillo, les Italiens appellent le crocodile. Mais on pourrait aussi citer des langues, comme l’espagnol, dans lesquelles l’Ukraine et l’Algérie sont devenues : Ukraine et Argel. Il n’y a pas de logique humaine pour l’expliquer métathèses. La prétendue facilité de prononciation n’est pas une explication. L’italien n’a aucune difficulté avec le cr- initial, ayant crédit, tournage et ainsi de suite crocodile ce serait phonétiquement canonique tel qu’il est Coccodrillo.

De même, rien n’explique pourquoi le persan et l’arménien “nale” (fer à cheval) a donné en tchétchène “champ de maïs“. Les deux types de monosyllabes sont également canoniques en tchétchène, où des mots comme “attraper” (dormir) ou “nakh” (les gens) sont communs ainsi que “rupture» (lion) ou « lam » (montagne). Rien ne justifie cela en tchétchène”nale“devenir”champ de maïs” (Fer à cheval).

Rien ne justifie le roumain comme le slave champignon devenir champignoncompliqué. Métathèse sans logique ni explication, car les deux formes sont phonétiquement parfaitement canoniques en roumain. “le moutoncompliqué” serait phonétiquement tout à fait banal pattes et Freak. Il n’y a pas d’explication à la métathèse”champignoncompliqué“. Ce serait plus logique champignon devenir “le pied” et nous verrions alors des linguistes nationalistes superficiels essayer de nous convaincre que “*le pied“ça ne vient pas de la célébrité, mais de”le pied» et il se lancerait dans de fausses interprétations poétiques : «le pied” > “le pied“. “Monastère sur une jambe / Devinez le pied Qu’est-ce que c’est…” Malheureusement, nous avons fait champignon > “champignoncompliqué“.

Devenir un champignon, champignon perd en roumain toute trace d’étymologie slave, parfaitement visible en russe, où pechura, chiffoncomme l’ancienne forme (champignon des Slaves du Sud est diminutif), chiffon donc, il vient du verbe *sur C– = cuire. Peciura, champignon “c’est bon pour la pâtisserie”, et la passion des Slaves pour les champignons est bien connue (*champignons).

De la même racine qui a donné chiffonchampignon, le russe a aussi le nom tabou “foie”: печень, noix de pécan‘. Le foie est aussi appelé une métaphore culinaire en russe, tout comme le champignon, quelque chose de “bon pour la cuisson”.

Mais le nom même de foie dans toutes les langues roumaines vient de la métaphore culinaire qui indique le type d’aliment : fegato, ficat, foie (gras) : du latin « ficatum », de l’expression éteinte : « (foie) ficatum ” = foie “rempli de figues” = ficatum. Car « ficatum » n’est rien d’autre qu’une farce de figues, de « fica », « fig », fig. Romain et notre foie est donc une métaphore culinaire parfaitement équivalente à celle qui donnait en russe печень (bon foie à rôtir, à manger) et печура, champignon.

C’est l’origine champignon (champignons vénéneux). Ou, comme me l’a dit un jour un gentil vieillard dans mon enfance, que j’ai corrigé pour qu’il ne dise pas “paralysé“: — ” Danut, paralysé, paralyséqu’est-ce que ça fait, si tu vois ce que je veux dire ?”

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