Le roman, lauréat du prix Goncourt 2021, publié dans l’édition roumaine de la collection Anansi

Photo: News.ro

“La mémoire la plus secrète du peuple” de Mohamed Mbougar Sarr, un roman récompensé en 2021 par le prix Goncourt, le plus important prix littéraire de France, est récemment paru dans une édition roumaine, moins de six mois après la publication du prix dans l’Hexagone. Publié dans la collection Anansi.

La traduction du roman signé par Mohamed Mbougar Sarr vient compléter le portfolio du lauréat du Prix Goncourt Anansi, un projet éditorial qui depuis son lancement n’a pas manqué la parution d’un seul roman récompensé par cette reconnaissance littéraire littéraire – et « Anomalie », le best-seller absolu d’Hervé Le Tellier, le livre primé en 2020, est également publié dans la collection de littérature universelle Pandora M coordonnée par Bogdan-Alexandru Stănescu.

Publié à la fin de l’été dernier, le roman de Mohamed Mbougar Sarro était l’un des titres vedettes du fameux boum éditorial de chaque automne en France, La Rentrée Littéraire. La presse culturelle de tout le pays accueille avec un enthousiasme unanime la parution du livre : « une déclaration d’amour pour la littérature » (Lire), « un grand livre, un bijou de maîtrise littéraire qui ravit, bouleverse, accompagne » (L ‘Express), “un passage passionné et déroutant à travers une mosaïque de témoignages, de reportages et de documents, qui est aussi un roman d’initiation” (Libération).

“La mémoire la plus secrète du peuple” raconte l’histoire de Diégane Latyr Faye, une jeune écrivaine sénégalaise qui découvre un livre mythique, publié en 1938, “Le Labyrinthe de Neomenské” à Paris en 2018. Après le scandale provoqué par la publication du roman, on ignore tout de l’auteur, alors surnommé le « Rimbaud noir ». Fasciné, Diégane suit les traces du mystérieux TC Elimana, face aux grandes tragédies du colonialisme et de la Shoah. Sans perdre le fil de son enquête, Diégane rend visite à un groupe de jeunes écrivains africains à Paris, qui discutent de leurs idées, boivent, font l’amour et s’interrogent sur la nécessité de créer dans les conditions de l’exil. Dans le tourbillon Dans cette quête, Diégane va se rapprocher de deux femmes : la sulfureuse Siga, porteuse de quelques secrets sur Elimane, et l’énergique photojournaliste Aïda…

L’histoire, décrite comme une réflexion sur les rapports entre fiction et réalité, fait écho à l’expérience réelle de l’écrivain malien Yamba Ouologuem, qui devint en 1968 le premier lauréat africain d’un autre prix littéraire français célèbre, le prix Renaudot, mais qui fut plus tard accusé de plagiat, a fui la France et a disparu de la vie publique.

“Je fais partie d’une grande tradition de personnes qui, tant en Occident que sur le continent, n’ont jamais quitté l’écrivain malien Yambo Ouologouem, n’ont jamais voulu l’oublier et qui, au fil des décennies, lui ont rendu hommage sous différentes formes”, a déclaré Mohamed Mbougar Sarr immédiatement après la parution du roman.

“La mémoire la plus secrète du peuple” a également reçu le Prix Transfuge 2021, ainsi que le Prix Goncourt – Choix Roumain. Quelques jours après le prix, Mohamed Mbougar Sarr adressait un message aux lecteurs de Roumanie, dans lequel il évoquait également son rapport à la littérature roumaine contemporaine : « J’ai découvert la littérature et la pensée roumaines au Sénégal, à travers Cioran, puis Mircea Eliade. . Puis j’ai découvert Liviu Rebreanu, dont les grands romans – Pădurea spânzuraţilor et Ion – m’ont impressionné et m’ont profondément marqué. Maintenant, je lis Mircea Cărtărescu, que je considère comme l’un des plus grands écrivains du monde”.

Mohamed Mbougar Sarr, né en 1990 au Sénégal, a effectué ses études militaires au prestigieux Prytanée Militaire de Saint-Louis au Sénégal. Après son installation en France, il est admis à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il étudie la littérature et la philosophie.

Remarqué en 2014 après la publication de son premier récit, La Cale, pour lequel il remporte le prix Stéphane-Hessel des jeunes écrivains francophones, il se fait remarquer en 2015 avec “Terre ceinte”, son premier roman, qui lui a valu le prix Ahmadou-Kourouma, puis le Grand Prix du roman métis.

En 2018, il devient le plus jeune écrivain jamais récompensé par le Prix Littérature-Monde, pour “Silence du choeur”. “De purs hommes” est son troisième roman, suivi en 2021 de “La mémoire la plus secrète de l’homme”, qui lui vaudra le prix Goncourt et le prix transfuge du meilleur roman de langue française dans la même année. à partir de 2021

“Le prix Goncourt est un geste symbolique qui va au-delà de mon nom et du livre. Je ne peux pas ignorer le symbolisme qu’il représente. Le prix doit envoyer un message à tous les écrivains francophones subsahariens (mais aussi d’autres régions) : « Cette langue est aussi la vôtre, vous pouvez l’utiliser pour écrire des œuvres qui seront louées », mais ce signal ne doit pas rester exceptionnel. J’espère qu’il ne faudra pas un siècle de plus pour couronner un autre Subsaharien”, avouait l’auteur dans une interview publiée à l’automne dernier. Actuellement Mohamed Mbougar Sarr vit à Paris.

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