le roman La Guerre de Louis-Ferdinand Céline, le premier des trois manuscrits aujourd’hui redécouverts en langue roumaine

Le livre est l’un des trois manuscrits récemment découverts de l’écrivain qui font la une de la presse internationale depuis août 2021. L’annonce de la découverte de milliers de nouvelles pages des œuvres de Céline, l’un des auteurs les plus importants de du XXe siècle et l’écrivain français le plus traduit après Marcel Proust, paru dans Le Monde du 4 août 2021, accompagné du récit de leur disparition. Les manuscrits, lettres et photographies correspondants sont considérés comme perdus depuis 1944, après la libération de Paris. La découverte appartient au critique dramatique Jean-Pierre Thibaudat, ancien correspondant du journal Libération de Moscou, qui a décidé de les confier pour publication, après la disparition de la veuve de Céline, Lucette Destouches.

“Le fait que l’archive manquante de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline ait été retrouvée est sans doute l’une des découvertes littéraires les plus extraordinaires de ces dernières décennies”, écrivent les journalistes du quotidien Le Monde. “C’est un miracle. Le mot n’est pas du tout trop fort”, ont ajouté les détracteurs du Monde des livres.

Les deux cent cinquante pages du manuscrit de Rata représentent la première forme d’un roman se déroulant en Flandre pendant la Première Guerre mondiale. À la frontière entre l’autobiographie et la fiction, le roman révèle une expérience qui est depuis lors au centre de l’existence de l’auteur : le traumatisme physique et psychologique provoqué par le front, “l’abattoir international de la folie”.
L’histoire suit la convalescence du brigadier Ferdinand depuis le moment où, grièvement blessé, il reprend connaissance sur le champ de bataille jusqu’à son départ pour Londres. A l’hôpital de Peurd-sur-la-Lys, il attire l’attention d’une infirmière pas si timide, se lie d’amitié avec le proxénète Bébert, frôle la mort à plusieurs reprises, et s’affranchit enfin de ce qu’on lui a donné à vivre ce point.
Ici, le temps brutal de la déception et de l’éveil à la réalité, que l’auteur n’a jamais traité sous la forme d’un texte littéraire à part, est ici montré sous le jour le plus cruel. Vingt ans après 1914, le passé, “toujours étourdi d’oubli”, attrape “des comédies musicales sur la route, que personne ne cherche”. Mais ce passé ne s’oublie jamais complètement, il reste vivant peu importe le temps qui passe au-dessus de nous – et le roman Guerre en témoigne, tout comme le reste de l’œuvre de Céline.

« Céline fait danser les mots dans une ivresse sans fin, faisant fi de la grammaire et de la conjugaison mais n’oubliant jamais le rythme et l’effet narratif. C’est Céline, la vraie Céline, tout chez elle est terrible, mais surtout les femmes se révèlent être des personnages fantastiques qui ne s’emballent pas, ne dépendent de personne et ne baissent pas les bras face au pire. Devant nous, la vie insignifiante d’un village, comme chez Flaubert ou Maupassant, mais avec des mots que même San Antonio n’oserait pas utiliser. Céline n’a pas relu son manuscrit, tant mieux. L’écriture “de première main” a l’effet d’une coquille littéraire”, écrivaient les critiques du Parisien immédiatement après la publication du livre en France.
“La pièce centrale d’un immense puzzle littéraire que Céline a obsédé tout au long de sa vie”, évaluaient les critiques du Monde des Livres.

Même la presse roumaine n’est pas restée indifférente à l’apparition du livre : « Extrêmement stylistique, le roman Rat a une densité narrative comparable, peut-être, seulement à celle d’un autre grand roman qui n’a pu être publié aux USA dans les mêmes années 1930, à savoir Zodia Cancerului Henry Miller. Bref, un excellent roman. Tout le souffle littéraire en France attend la parution des deux autres romans, ou ce qu’ils seront, de Céline”, notait le critique littéraire Nicolae Manolescu dans l’hebdomadaire Romania literară .

Comme prévu, quelques mois après la sortie de l’édition française du roman, les ventes d’Hexagone explosent et le roman redécouvert de Louis-Ferdinand Céline entre immédiatement en tête des best-sellers.

Né en 1894 à Courbevoie, près de Paris, Louis-Ferdinand Céline (pseudonyme du docteur Louis Ferdinand Destouches) étudie seul pour son bac, tout en travaillant à plusieurs endroits. Engagé en 1912, il est grièvement blessé au front en novembre 1914. Réformé pour cause d’invalidité à 75%, il devient agent commercial et part brièvement au Cameroun, puis à Londres. Après la guerre, il étudie la médecine et travaille pour la Société des Nations dans des missions en Afrique et aux États-Unis. De retour en France, il exerce la médecine dans des cliniques de la périphérie parisienne. En 1932, il publie son premier volume, Voyage au bout de la nuit, suivi de Mort à crédit en 1936. Il vit en exil en Allemagne et au Danemark de 1944 à 1951. De retour en France, il s’installe à Meudon, où il continue d’écrire (D’un château à l’autre, Nord, Rigodon). Il meurt en 1961.

Le roman Rat est publié en traduction du français par Magda Răduță. Dans la collection Anansi. World Fiction et les romans London et The Will of King Krogold devraient paraître en traduction.

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